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Les métiers de la criminologie en France : ce qu’ils recouvrent réellement, comment on y accède et ce qu’ils rapportent.

  • Métier de profiler en France : la réalité du poste

    Décryptages

    Métier de profiler en France : ce que recouvre vraiment le poste

    Le profiler est, en France, un analyste du comportement : il étudie le déroulement d’un crime et le comportement de son auteur pour aider les enquêteurs à comprendre le passage à l’acte et à orienter leurs investigations. « Profiler » n’est pas un intitulé de métier officiel en France : la fonction s’exerce sous le nom d’analyste du comportement, au sein du Département des sciences du comportement (DSC) de la gendarmerie nationale, et elle suppose d’être d’abord militaire ou policier. Dans l’article que l’Unité nationale de police judiciaire de la gendarmerie consacre à ce département, publié en septembre 2024 et mis à jour en avril 2025, il compte sept militaires, dont cinq analystes du comportement et deux enquêteurs.

    Mis à jour le 18 septembre 2026

    C’est l’écart entre ce chiffre et la popularité du mot qui explique la plupart des malentendus sur ce métier. Cette page décrit la fonction telle que les sources publiques françaises la documentent : ce que fait le service, comment on y entre, ce que gagnent les professionnels concernés, et ce qu’une formation privée permet ou ne permet pas.

    Qu’est-ce qu’un profiler ?

    Un profiler est un professionnel qui analyse les éléments d’une affaire criminelle, la scène de crime, la victimologie et les modes opératoires, pour établir des hypothèses sur le comportement et le profil de l’auteur. Le terme vient des États-Unis, où le FBI fait appel à ces spécialistes du comportement humain pour résoudre des affaires. En français, on parle de profilage criminel, et les professionnels qui exercent cette analyse en France emploient le terme d’analyse comportementale.

    La distinction n’est pas cosmétique. Les analystes du DSC, interrogés par l’Unité nationale de police judiciaire de la gendarmerie, disent explicitement rejeter l’appellation de profiler, qu’ils jugent trop marquée par la fiction, et tiennent au nom français de leur métier, jugé plus cohérent avec la réalité du terrain. Leur travail s’effectue, selon leurs propres termes, avec « une méthodologie précise et une rigueur intellectuelle ».

    Pourquoi le mot « profiler » ne désigne pas un métier en France

    Trois faits publics expliquent ce décalage, et ils se vérifient tous les trois.

    Il n’existe pas de diplôme d’État de profiler. Aucun titre, aucun concours et aucune filière ne portent ce nom. Le Centre d’information et de documentation jeunesse (CIDJ) écrit dans sa fiche métier, mise en ligne le 27 janvier 2025, que cette profession n’est pas reconnue en tant que telle en France, et que le profiler y est avant tout un expert en sciences du crime.

    Il n’existe aucune école qui y forme directement. La gendarmerie est explicite sur ce point : aucune école française ne forme spécifiquement aux deux métiers du DSC, et aucune université ne propose de cursus complet et professionnalisant en psychocriminologie appliquée à l’enquête criminelle, contrairement à certains pays comme le Canada.

    La fonction est interne aux forces de l’ordre. L’analyse comportementale s’exerce dans un service de police judiciaire, sur saisine d’un magistrat, et le rendu prend la forme d’un procès-verbal versé à la procédure. Ce n’est pas une prestation qu’un indépendant peut proposer à une enquête judiciaire.

    Que fait concrètement un analyste du comportement ?

    Le DSC est rattaché au Service central de renseignement criminel du Pôle judiciaire de la gendarmerie nationale, au sein de la Division des affaires non élucidées (DiANE). Il travaille essentiellement au profit des unités de recherches. La gendarmerie décrit l’analyse comportementale comme un outil d’aide à l’enquête judiciaire dans le cadre des atteintes criminelles aux personnes, pour les phénomènes sériels mais aussi pour des faits uniques présentant des caractéristiques particulières et sans mobile apparent.

    Trois missions principales sont citées :

    • l’analyse de scènes de crime, pour reconstituer le déroulement des faits et en tirer des éléments de compréhension du passage à l’acte ;
    • l’élaboration d’un profil d’auteur, lorsque celui-ci est inconnu ;
    • l’aide à la mise en œuvre d’une stratégie d’audition dans le cadre de la garde à vue.

    S’y ajoutent l’intervention en alerte enlèvement, l’analyse des suspicions de fausses allégations d’enlèvement d’enfant, l’analyse d’allégations de viols, et des analyses comparatives de cas lors du rapprochement de dossiers criminels ou de l’étude du parcours d’un auteur. Le département assure enfin des missions de formation, notamment auprès de l’École nationale de la magistrature.

    Le DSC est généralement sollicité par le directeur d’enquête et saisi par le magistrat, par soit-transmis ou commission rogatoire. Il peut intervenir à tout moment de la procédure, jusqu’à la mise en examen. La gendarmerie signale toutefois une urgence particulière dès que le corps de la victime présente des éléments d’alerte de comportement criminel particulier, comme une mise en scène de la scène, des inscriptions sur le corps, la multiplicité ou la variété des coups portés, ou l’usage de différents types d’armes.

    Combien y a-t-il de profilers en France ?

    C’est la question que la plupart des fiches métier laissent sans réponse, alors qu’elle conditionne tout le reste. Dans son article « Comment devient-on profiler en France ? », publié le 2 septembre 2024 et mis à jour le 22 avril 2025, l’Unité nationale de police judiciaire de la gendarmerie donne un effectif précis pour le DSC.

    Composition du Département des sciences du comportement Effectif
    Analystes du comportement 5
    Enquêteurs 2
    Total, tous officiers de police judiciaire 7 militaires

    Source : Unité nationale de police judiciaire, gendarmerie nationale, article du 2 septembre 2024 mis à jour le 22 avril 2025. Un effectif de service évolue : ce chiffre décrit l’état du département à cette date, pas une règle permanente.

    Côté police nationale, la même source indique qu’une des analystes du DSC a exercé comme psycho-criminologue à l’Office central pour la répression des violences aux personnes (OCRVP) avant de rejoindre la gendarmerie. Aucun effectif public n’est disponible pour la police nationale.

    La gendarmerie ajoute une phrase qui mérite d’être lue avant de construire un projet professionnel sur ce métier : les débouchés sont rares.

    Profiler, profileur criminel, criminologue, analyste du comportement : qui fait quoi

    Ces quatre mots sont utilisés comme des synonymes dans les médias, alors qu’ils ne recouvrent ni le même statut ni la même activité.

    Terme Ce qu’il désigne réellement Statut en France
    Profiler, profileur criminel Terme d’origine américaine repris par la fiction, employé pour désigner celui qui dresse le profil d’un auteur inconnu Aucun intitulé officiel, aucun diplôme d’État, aucun concours portant ce nom
    Analyste du comportement La fonction réelle, exercée au DSC de la gendarmerie : analyse de scène de crime, profil d’auteur, stratégie d’audition Militaire ou policier, officier de police judiciaire, recruté et affecté en interne
    Criminologue Celui qui étudie le phénomène criminel sous ses angles social, psychologique, juridique et statistique, souvent en dehors de l’enquête Profession non réglementée, exercée depuis un métier d’origine (psychologue, juriste, travailleur social, chercheur)
    Psycho-criminologue Psychologue spécialisé dans la compréhension du passage à l’acte, en appui d’un service ou en expertise Fonction exercée depuis un poste de psychologue : l’avis de vacance publié pour le DSC en 2022 demandait un bac+5 en psychocriminologie ou en psychologie, une spécialisation en criminologie et une expérience professionnelle du domaine

    La confusion la plus fréquente concerne les deux premières lignes. Un analyste du comportement fait du profilage, mais tout ce qui relève du profilage ne se fait pas au sein d’un service d’enquête : la méthode s’enseigne et s’applique aussi en analyse de dossiers, en sûreté et en accompagnement, sans aucun pouvoir d’enquête. C’est l’objet d’un parcours en criminologie et profilage accessible dès le bac, qui enseigne la méthode sans ouvrir la porte d’un service d’enquête. Le métier de criminologue relève d’une autre logique encore : ses postes réels et ses voies d’accès sont détaillés dans notre analyse de ce que recouvre réellement le métier de criminologue en France.

    Quelles études pour devenir profiler ?

    Il n’y a pas de parcours unique, et la gendarmerie le dit sans détour : il n’y a pas de voie royale, et les sept officiers du DSC ont tous connu des parcours différents. La constante est une combinaison de trois éléments : un master en psychologie ou en droit, des diplômes universitaires en criminologie ou en psychocriminologie, et des stages.

    Les parcours des officiers du DSC, tels que l’UNPJ les détaille, donnent une image plus utile qu’une liste théorique de formations.

    Officier Formation initiale Spécialisations et expérience
    Chef d’escadron Stéphanie le Maout, qui commande le DSC Maîtrise de droit à Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines, master 2 en clinique criminologique et victimologique à Rennes 2 Deux DU à l’Institut de criminologie de Paris-Assas, en sciences criminelles et en sciences criminologiques
    Capitaine Peggy Allimann Master en psychologie clinique et psychopathologique à Besançon DU de psychocriminologie à Lille, DU stress et traumatismes, DU psycho-oncologie ; marine nationale, puis accueil des victimes et brigade des mineurs, puis OCRVP comme psycho-criminologue
    Chef d’escadron Audrey Renard L1 de droit, master 2 en psychologie de la délinquance à l’université de Liège DU de criminologie à Paris 8, plusieurs stages en milieu pénitentiaire
    Capitaine Thibault Duchéne Études de droit et de psychologie Plusieurs DU dont psychopathologie criminelle et criminologie, formation en sciences forensiques à Lausanne, stages en milieu pénitentiaire, concours d’officier de gendarmerie
    Lieutenante Blandine Fontana Licence de droit, master en criminologie à Liège DU de criminologie à Lille, stages en association d’aide aux victimes et en médecine légale, réserve de la gendarmerie pendant ses études

    Deux enseignements se dégagent de ce tableau. Le premier est que la criminologie y arrive toujours en complément d’une formation principale en droit ou en psychologie, jamais à sa place. Audrey Renard le résume ainsi : « La criminologie, c’est le croisement de deux disciplines, le droit et la psychologie. » Le second est que les stages pèsent autant que les diplômes dans la sélection. Stéphanie le Maout met en garde les candidats :

    « On reçoit énormément de CV avec des masters de psychocrimino. Tous les petits DU ont leur importance, car c’est du travail et un investissement supplémentaires en double-cursus du master 1 ou master 2. Ce qui fait également la différence, ce sont les stages réalisés. Si quelqu’un a par exemple fait un stage en médecine légale, cela démontre son intérêt pour le métier. »

    Le second métier du DSC, celui d’enquêteur, suit une logique inverse : il se construit par l’expérience d’enquête. Les deux enquêteurs du département viennent de l’enquête de terrain, en brigade puis en section de recherches, avec une expertise des atteintes aux personnes et, pour l’un d’eux, vingt années en unité de recherches avant son affectation au DSC.

    La condition qui décourage le plus de candidats n’est d’ailleurs pas scolaire. Devenir analyste du comportement suppose d’intégrer la gendarmerie, donc d’en accepter les contraintes : vivre en caserne, être joignable en permanence, travailler parfois le week-end. La commandante du DSC évoque aussi des candidats mis en difficulté par les photographies de scènes de crime, et leur conseille alors de changer d’orientation.

    Peut-on devenir profiler sans être policier ni gendarme ?

    Pour la fonction d’analyste du comportement au DSC, la réponse est non : le poste s’exerce sous statut militaire et suppose la qualité d’officier de police judiciaire. Aucune formation privée, y compris la nôtre, ne donne accès à ce poste, et il faut se méfier de tout organisme qui laisse entendre le contraire.

    Un avis de vacance d’emploi publié au Journal officiel le 5 février 2022 le confirme par l’exemple. Il ouvrait un poste de psychologue spécialiste dans les domaines appliqués à la criminologie, placé sous l’autorité du chef du Département des sciences du comportement, au Pôle judiciaire de la gendarmerie nationale à Pontoise. Le profil demandé était un bac+5 en psychocriminologie ou en psychologie, complété par une spécialisation en criminologie ou en sciences criminelles et par une expérience professionnelle du domaine. Mais le recrutement se faisait en qualité d’officier commissionné rattaché au corps des officiers de gendarmerie, au grade de lieutenant, avec l’obligation d’exercer la qualité d’officier de police judiciaire. Autrement dit, même la voie qui part d’un diplôme de psychologue passe par le statut militaire.

    En dehors de l’enquête judiciaire, l’analyse comportementale s’applique dans d’autres contextes professionnels : analyse et instruction de dossiers, sûreté et prévention, expertise et conseil, accompagnement social, judiciaire ou pénitentiaire, recherche et enseignement. Ce sont des usages réels de la méthode, mais ce ne sont pas le métier de profiler.

    Quel est le salaire d’un profiler ?

    Aucune grille ne porte le nom de profiler, puisque le poste n’existe pas sous cette appellation. Les rémunérations publiées concernent donc les métiers depuis lesquels on exerce cette analyse, et elles varient d’abord selon le statut d’origine : un militaire ou un policier relève de la grille de la fonction publique d’État et de ses primes, un psychologue en libéral fixe ses honoraires.

    Source publique Rémunération indiquée Périmètre
    CIDJ, fiche métier Profiler, mise en ligne le 27 janvier 2025 2 000 € brut par mois en début de carrière Activité décrite comme exercée par vacation, donc par mission
    MaFormation, fiche « Comment devenir profiler », consultée le 16 septembre 2026 24 000 à 29 000 € brut par an en début de carrière, soit environ 1 680 à 2 030 € net par mois, puis 30 000 à 35 000 € brut par an avec l’ancienneté Rémunération d’un criminologue, dépendante du métier d’origine
    Journal officiel, avis de vacance d’emploi du 5 février 2022, poste de psychologue au Département des sciences du comportement 3 392 à 3 515 € brut par mois à l’issue de la période probatoire de six mois Officier commissionné au grade de lieutenant, grille de rémunération des militaires de la gendarmerie

    Les deux premières lignes sont des ordres de grandeur publiés par des sources d’orientation, pas des rémunérations constatées au DSC. La troisième est la seule rémunération publique rattachée directement à ce département, et elle correspond à un statut d’officier de gendarmerie, pas à un emploi civil. Aucun de ces montants ne décrit un revenu qu’une formation, quelle qu’elle soit, permettrait d’atteindre.

    Se former au profilage quand on n’est pas dans les forces de l’ordre

    Si le poste d’analyste du comportement reste fermé à quiconque n’entre pas dans la gendarmerie ou la police, la méthode, elle, s’apprend et sert ailleurs. C’est la raison d’être de notre parcours : IFORCRIM propose se former à la méthode du profilage comportemental en e-learning, sur 150 heures réparties sur 12 mois, accessible dès le baccalauréat.

    Trois points de transparence, parce qu’ils conditionnent la pertinence de cette démarche. Ce parcours délivre un certificat interne IFORCRIM, et non un diplôme d’État ou un titre universitaire. Il n’ouvre aucun accès aux postes du DSC ni à l’OCRVP. Et il n’est pas éligible au CPF. Ce qu’il apporte est la méthode d’analyse elle-même, ses cas d’application et ses limites, enseignée par les praticiens qui interviennent dans le parcours, dont une criminologue coordinatrice pédagogique et un médecin psychiatre ayant exercé en milieu pénitentiaire.

    Pour celles et ceux qui visent ensuite l’encadrement, le parcours de direction d’une structure en criminologie prend la suite, avec l’Année 1 pour prérequis.

    Le tarif, les modalités de règlement et les conditions pour un financement par un employeur figurent sur le détail des tarifs et du paiement en plusieurs fois. Notre positionnement et la façon dont l’institut s’est construit sont décrits sur la page ce qu’est IFORCRIM et comment l’institut a été conçu.

    Questions fréquentes sur le métier de profiler

    Est-ce que le métier de profiler existe en France ?

    La fonction existe, mais pas sous ce nom. En France, elle s’appelle analyste du comportement et s’exerce au Département des sciences du comportement de la gendarmerie nationale, qui comptait sept militaires, dont cinq analystes et deux enquêteurs, dans l’article que la gendarmerie lui consacre (publié en septembre 2024, mis à jour en avril 2025). Les professionnels concernés rejettent eux-mêmes le terme de profiler, qu’ils jugent trop marqué par les séries télévisées.

    Quelles études pour devenir profiler ?

    Un master 2 en psychologie ou en droit, complété par des diplômes universitaires en criminologie ou en psychocriminologie et par des stages, puis l’intégration de la gendarmerie et la qualité d’officier de police judiciaire. C’est le résumé que donne l’Unité nationale de police judiciaire elle-même. Aucune école française ne forme spécifiquement à ce poste.

    Quel est le rôle d’un profiler dans une enquête ?

    Il analyse la scène de crime, élabore un profil de l’auteur lorsque celui-ci est inconnu, et aide à préparer la stratégie d’audition en garde à vue. Son analyse est rédigée sous forme de procès-verbal intégré à la procédure. Il intervient sur saisine du magistrat, généralement à la demande du directeur d’enquête, et non de sa propre initiative.

    Quel est le salaire d’un profiler ?

    Il n’existe pas de grille propre à ce métier. Le CIDJ indique 2 000 € brut par mois en début de carrière dans sa fiche du 27 janvier 2025, MaFormation 24 000 à 29 000 € brut par an pour un criminologue débutant. Un avis de vacance publié au Journal officiel en février 2022 situe le poste de psychologue du Département des sciences du comportement entre 3 392 et 3 515 € brut par mois, au grade de lieutenant. La rémunération réelle dépend du statut d’origine, le plus souvent celui de la fonction publique d’État.

    Quelle est la différence entre un profiler et un criminologue ?

    Le profilage est une méthode d’analyse appliquée à une affaire précise, exercée en France dans un service d’enquête. La criminologie est l’étude du phénomène criminel dans son ensemble, sous ses angles social, psychologique, juridique et statistique. On peut être criminologue sans jamais faire de profilage, et l’analyse comportementale n’occupe qu’une poignée de postes.

    Peut-on devenir profiler sans passer par la police ou la gendarmerie ?

    Non pour la fonction d’analyste du comportement, qui suppose un statut militaire ou policier et la qualité d’officier de police judiciaire. Des fonctions civiles existent au contact de ces services, notamment pour des psychologues, mais elles restent rares et exigent un titre protégé. Aucune formation privée ne donne accès à ces postes.

    Une formation privée en profilage sert-elle à quelque chose ?

    Elle sert à acquérir une méthode d’analyse et un cadre de lecture du passage à l’acte, utiles en analyse de dossiers, en sûreté, en accompagnement social ou judiciaire. Elle ne remplace ni un master universitaire, ni un concours, ni un recrutement interne, et ne mène pas aux postes d’analyste du comportement.

  • Criminologue : métier, salaire et accès en France

    Décryptages

    Comment devenir criminologue en France

    Un criminologue est un professionnel qui étudie le phénomène criminel, ses causes, le comportement des auteurs et la situation des victimes, afin d’éclairer une décision judiciaire, une prise en charge ou une politique de prévention. En France, la criminologie n’est pas une profession réglementée : il n’existe ni titre protégé, ni ordre professionnel, ni concours de recrutement intitulé « criminologue ». Elle s’exerce donc comme une spécialité ajoutée à un métier principal, le plus souvent dans la police, la gendarmerie, la justice, l’administration pénitentiaire, le travail social, la psychologie ou la recherche.

    Mis à jour le 18 septembre 2026

    Cette réalité change complètement la façon de s’orienter. La question utile n’est pas « quel diplôme donne le titre de criminologue », puisque aucun ne le donne, mais « quel poste vais-je occuper, et que faut-il pour y accéder ». C’est à cette question que répond cette page : ce que recouvre le métier, ce que paient réellement les postes concernés d’après les grilles publiques, et quelle voie correspond à votre situation de départ.

    Qu’est-ce qu’un criminologue ? Définition et missions réelles

    La criminologie est une discipline qui croise le droit pénal, la psychologie, la sociologie et les sciences du comportement pour comprendre pourquoi un acte criminel a été commis et comment en limiter la répétition. Le criminologue n’est ni un enquêteur, ni un technicien de scène de crime : il travaille sur l’analyse et l’interprétation, pas sur le prélèvement de traces.

    Selon le poste occupé, ses missions relèvent de trois registres.

    • Analyser. Comprendre les facteurs individuels, familiaux, sociaux et environnementaux qui conduisent au passage à l’acte, et resituer un fait dans son contexte.
    • Accompagner et prévenir. Évaluer un risque de récidive, suivre une personne placée sous main de justice, concevoir un programme de réinsertion ou une action de prévention.
    • Conseiller. Éclairer une juridiction, un service d’enquête, une administration ou une collectivité sur la lecture d’un phénomène criminel.

    Le quotidien est très majoritairement un travail de dossier, d’entretien et d’écriture. C’est le premier écart avec l’image véhiculée par les séries, et c’est aussi le point sur lequel beaucoup de projets de reconversion se construisent sur une idée fausse.

    La criminologie est-elle une profession réglementée en France ?

    Non. En France, aucun texte ne protège le titre de criminologue, aucun ordre professionnel ne le délivre et aucune fiche de poste de la fonction publique ne porte cet intitulé seul. La conséquence est double, et les deux volets comptent.

    Premier volet : personne ne peut vous interdire de vous présenter comme criminologue. Il n’existe pas d’exercice illégal de la criminologie comme il existe un exercice illégal de la médecine. Cela explique la grande hétérogénéité des personnes qui se revendiquent de ce titre.

    Second volet, plus important pour votre projet : ce titre ne vous ouvre aucun poste par lui-même. Ce qui vous fait recruter, c’est le métier que vous exercez, obtenu par un concours, un diplôme d’État ou une expérience, et la criminologie vient s’y ajouter comme une compétence. Dans une tribune publiée le 9 janvier 2025 sur Le Village de la Justice, l’avocate Martine Bouccara constatait que la profession de criminologue n’est pas reconnue en France, alors qu’elle l’est en Belgique et aux États-Unis, et que le cadre de la fonction y reste flou.

    La comparaison avec le Québec est éclairante, d’autant que les recherches sur le mot « criminologue » ramènent souvent des pages québécoises. Là-bas, l’Ordre professionnel des criminologues du Québec encadre un titre réservé : pour le porter légalement, il faut détenir un permis délivré par l’Ordre et être inscrit à son tableau des membres, ce qui suppose un diplôme donnant ouverture au permis, par exemple le baccalauréat en criminologie de l’Université Laval ou celui de l’Université de Montréal en orientation intervention ou clinique. Rien de tel n’existe en France, et un parcours québécois ne crée pas non plus de droit particulier une fois revenu en France.

    Il faut le dire clairement, parce que c’est ce que beaucoup d’organismes évitent de formuler : si l’on vous promet un titre de criminologue reconnu par l’État, la promesse est fausse, puisque ce titre n’existe pas dans le droit français.

    Criminologue, criminaliste, profiler : ce qui les distingue

    Les trois termes sont utilisés l’un pour l’autre dans la presse et les fictions, alors qu’ils désignent des activités différentes et des voies d’accès différentes.

    Appellation Objet du travail Où il exerce en France
    Criminologue Comprendre et expliquer le phénomène criminel, évaluer un risque, éclairer une décision Spécialité ajoutée à un poste existant, dans la justice, la police, le pénitentiaire, le social ou la recherche
    Criminaliste Exploiter les traces et les indices matériels par des méthodes scientifiques et techniques Police technique et scientifique, Institut de recherche criminelle de la gendarmerie nationale, laboratoires
    Profiler Construire un profil comportemental d’auteur à partir de l’analyse de la scène et du dossier Fonction rare, exercée en France au sein d’unités spécialisées et non comme un métier ouvert au recrutement direct

    Cette confusion a un coût concret : elle oriente des candidats vers des formations qui ne préparent pas au métier qu’ils visaient. Si c’est l’analyse comportementale qui vous attire plutôt que la criminologie au sens large, regardez d’abord ce que recouvre réellement le métier de profiler avant de choisir un parcours.

    Où travaille un criminologue ? Les postes qui existent réellement

    Puisqu’il n’existe pas d’offre d’emploi intitulée « criminologue », la bonne façon de lire les débouchés est de partir des postes réels sur lesquels une compétence criminologique est utilisée et valorisée.

    Dans la justice et l’administration pénitentiaire

    Le conseiller pénitentiaire d’insertion et de probation, recruté par concours du ministère de la Justice, évalue les situations, prépare les décisions judiciaires et accompagne les personnes condamnées vers la réinsertion. Les fonctions de magistrat, d’avocat pénaliste, d’assistant de justice ou de délégué du procureur mobilisent également cette grille de lecture.

    Dans la police et la gendarmerie

    La compréhension du fait criminel est une compétence recherchée pour les concours de gardien de la paix, d’officier de police ou de sous-officier de gendarmerie, et un atout pour évoluer en interne vers des unités d’analyse. L’accès reste conditionné au concours, jamais à une formation en criminologie seule.

    Dans le social, la santé mentale et la protection de l’enfance

    Psychologues, éducateurs spécialisés, éducateurs de la protection judiciaire de la jeunesse et travailleurs sociaux exercent au contact direct des auteurs comme des victimes. Pour les métiers de la psychologie, le diplôme d’État reste obligatoire : une formation en criminologie ne s’y substitue pas.

    Dans la recherche, l’enseignement et le conseil

    Enseignants-chercheurs, formateurs, consultants, experts sollicités ponctuellement par des juridictions ou des collectivités, journalistes spécialisés. Ces activités se construisent presque toujours sur une réputation et des travaux publiés, rarement sur un premier emploi.

    Quel est le salaire d’un criminologue ?

    Il n’existe pas de salaire de criminologue, pour la raison déjà donnée : ce n’est pas un poste. Les fourchettes larges que l’on lit un peu partout, de 1 600 à 4 000 euros bruts par mois sur les fiches métier de Hellowork et de la Faculté de médecine, maïeutique et sciences de la santé de l’Université catholique de Lille consultées le 16 septembre 2026, agrègent en réalité des postes très différents. Elles ne décrivent aucune carrière précise.

    Les montants ci-dessous sont plus utiles, parce qu’ils correspondent à des postes réels, avec des grilles publiées par les administrations qui recrutent. Ce sont des rémunérations nettes mensuelles approximatives, telles que ces administrations les publient.

    Poste réellement occupé Début de carrière Fin de carrière Source et date
    Conseiller pénitentiaire d’insertion et de probation, élève en formation à l’ENAP 1 875 € net par mois, hors primes de stage Sans objet La Justice recrute, ministère de la Justice, montants au 1er janvier 2024
    Conseiller pénitentiaire d’insertion et de probation, après titularisation 2 345 € net par mois Jusqu’à 3 606 € net par mois La Justice recrute, ministère de la Justice, montants au 1er janvier 2024
    Gardien de la paix 2 344 € en Île-de-France, 2 162 € en province 3 917 € en Île-de-France, 3 704 € en province Police nationale, ministère de l’Intérieur, page publiée le 21 mars 2024
    Officier de police 2 601 € en Île-de-France, 2 439 € en province 5 413 € en Île-de-France, 5 196 € en province Police nationale, ministère de l’Intérieur, page publiée le 21 mars 2024

    Trois lectures à retenir de ce tableau. La rémunération dépend du corps et de l’échelon, pas du niveau de spécialisation en criminologie. La progression est lente mais régulière dans la fonction publique, et une part des revenus vient des primes et indemnités, qui varient selon les fonctions et l’affectation. Enfin, l’activité de conseil ou d’expertise indépendante en criminologie se pratique le plus souvent en vacations ponctuelles, ce qui en fait rarement un revenu principal en début de parcours.

    Ces montants sont ceux de postes de la fonction publique, accessibles par concours. Ils ne constituent ni une projection de revenus ni un résultat attendu d’une formation en criminologie, quelle qu’elle soit.

    Quelles voies d’accès selon votre situation de départ ?

    C’est la question qui décide vraiment de votre plan, et la réponse n’est pas la même pour un lycéen et pour un gardien de la paix en poste. Quatre situations de départ couvrent la très grande majorité des projets.

    Votre situation aujourd’hui La voie la plus directe Le point de vigilance
    Lycéen ou étudiant en début de cursus Licence en droit, en psychologie ou en sociologie, puis master spécialisé ou diplôme universitaire de criminologie Les masters de sciences criminelles sont très sélectifs et peu nombreux. Prévoyez un second choix dès la candidature.
    Déjà en poste dans la police, la gendarmerie, la justice, le pénitentiaire ou le social Spécialisation en criminologie en complément du poste occupé, en formation continue C’est la voie la plus économique en temps, parce que le poste existe déjà. La spécialisation sert l’évolution interne, pas une reconversion complète.
    En reconversion, sans lien avec le secteur Un concours pour accéder à un poste, et une formation spécialisée pour acquérir la culture criminologique Une formation privée, quelle qu’elle soit, ne donne jamais accès à un poste de la fonction publique. Seul le concours le fait.
    Déjà diplômé à bac+5 dans une discipline connexe Diplôme universitaire de criminologie ou spécialisation professionnelle, en appui du titre déjà obtenu La valeur vient de la combinaison entre votre diplôme initial et la spécialisation, rarement de la spécialisation seule.

    Le cursus universitaire mérite un examen à part entière, parce que le choix du bac, celui de la licence et celui du master conditionnent des années de parcours. Nous le traitons dans une page dédiée, avec le détail des licences, masters et DU de criminologie et les critères de sélection de chaque voie.

    Se former à la criminologie sans passer par l’université

    Une partie des personnes qui se renseignent sur ce métier ne sont pas en situation de reprendre cinq années d’études : elles travaillent, ont des charges, et cherchent une culture criminologique solide plutôt qu’un titre universitaire. C’est une demande légitime, à condition d’être lucide sur ce qu’une formation privée apporte et sur ce qu’elle n’apporte pas.

    Ce qu’elle apporte : une compréhension structurée du phénomène criminel, des méthodes d’analyse, du droit pénal et de la procédure, et un vocabulaire professionnel qui change la façon de lire un dossier ou de préparer un concours. Ce qu’elle n’apporte pas : un titre protégé, qui n’existe pas en France, ni un accès automatique à un poste public, qui passe par le concours.

    C’est dans ce cadre que se situe le parcours Criminologue d’IFORCRIM, accessible dès le bac et suivi intégralement à distance. Il se déroule sur 12 mois, représente 150 heures, et associe 36 cours mis en ligne progressivement à 36 conférences thématiques, avec une visioconférence hebdomadaire le jeudi de 12h à 13h30 hors vacances scolaires. La validation repose sur 7 QCM avec une moyenne d’au moins 12 sur 20, complétés par une validation pratique au choix : un stage de 35 heures minimum, un mémoire académique ou un cycle de trois ateliers en pédocriminalité. Le parcours donne lieu à un certificat interne IFORCRIM, ou à une attestation de fin de parcours selon les cas, ce qui est dit explicitement et sans ambiguïté : ce n’est pas un titre d’État.

    Le programme couvre sept parties, de la science du crime aux profils criminels en passant par le droit pénal, la justice des mineurs et la mesure de la délinquance. Vous pouvez parcourir le détail des 36 cours répartis en sept parties avant de vous décider, ainsi que les praticiennes et praticiens qui interviennent dans le parcours, puisque sur ce sujet la qualité des intervenants compte davantage que l’intitulé affiché.

    Côté budget, le parcours n’est pas éligible au compte personnel de formation. Le règlement peut être échelonné, et une prise en charge par l’employeur reste possible dans le cadre du plan de développement des compétences : les modalités de règlement et de prise en charge employeur sont détaillées sur le site. Si vous voulez comprendre le positionnement de l’institut avant d’aller plus loin, la démarche d’IFORCRIM est expliquée sur sa page de présentation.

    Questions fréquentes sur le métier de criminologue

    Quelles études pour devenir criminologue ?

    La voie universitaire classique consiste à obtenir une licence en droit, en psychologie ou en sociologie, puis un master de sciences criminelles ou un diplôme universitaire de criminologie. Les diplômes universitaires sont propres à chaque université et leur durée varie généralement de un à trois ans, certains étant accessibles en formation continue. Aucun de ces cursus ne délivre un titre de criminologue, puisque ce titre n’existe pas en droit français.

    Quel est le rôle d’un criminologue ?

    Son rôle est d’analyser le phénomène criminel pour éclairer une décision. Cela recouvre l’étude des facteurs qui mènent au passage à l’acte, l’évaluation d’un risque de récidive, l’accompagnement vers la réinsertion et le conseil auprès des juridictions, des services d’enquête ou des institutions. Il ne mène pas l’enquête et n’exploite pas les traces matérielles, qui relèvent respectivement des enquêteurs et des criminalistes.

    Quels sont les métiers liés à la criminologie ?

    Les principaux sont conseiller pénitentiaire d’insertion et de probation, éducateur spécialisé, éducateur de la protection judiciaire de la jeunesse, psychologue en milieu carcéral, gardien de la paix, officier de police, sous-officier de gendarmerie, magistrat, avocat pénaliste, enseignant-chercheur et victimologue. Chacun a sa propre voie d’accès, concours ou diplôme d’État, à laquelle la criminologie s’ajoute comme spécialité.

    Où travailler en tant que criminologue ?

    Les employeurs réels sont l’administration pénitentiaire et les services pénitentiaires d’insertion et de probation, la police nationale et la gendarmerie, les juridictions, la protection judiciaire de la jeunesse, les établissements hospitaliers et médico-sociaux, les associations de prévention et d’aide aux victimes, les universités et les centres de recherche. Le secteur privé offre des missions de conseil et d’expertise, le plus souvent ponctuelles.

    Peut-on devenir criminologue sans passer par l’université ?

    Juridiquement, oui, puisque aucun diplôme n’est exigé pour se dire criminologue en France. En pratique, la question à se poser est différente : le poste que vous visez, lui, a presque toujours des conditions d’accès précises, concours ou diplôme d’État. Une formation spécialisée hors université apporte une culture criminologique utilisable dans un poste ou pour préparer un concours, mais elle ne remplace ni l’un ni l’autre.

    Quelle est la différence entre un psychologue et un criminologue ?

    Le titre de psychologue est protégé par la loi et suppose un diplôme d’État, généralement un master de psychologie. Celui de criminologue ne l’est pas. Un psychologue peut se spécialiser en criminologie et intervenir en milieu pénitentiaire ou en expertise, alors qu’une formation en criminologie ne permet en aucun cas d’exercer comme psychologue.

    Quel est le salaire net d’un criminologue ?

    Il faut raisonner par poste occupé. Un conseiller pénitentiaire d’insertion et de probation perçoit 1 875 euros nets par mois pendant sa formation à l’ENAP, puis de 2 345 à 3 606 euros nets après titularisation, d’après les montants au 1er janvier 2024 publiés par le ministère de la Justice. Un gardien de la paix débute à 2 344 euros nets en Île-de-France et 2 162 euros en province, d’après la page de la Police nationale publiée le 21 mars 2024. Les fourchettes de 1 600 à 4 000 euros bruts que l’on trouve sur les fiches métier mélangent des postes trop différents pour servir de repère.

    Par où commencer

    Trois décisions, dans cet ordre. D’abord, identifiez le poste que vous visez réellement, pas le titre : c’est lui qui détermine tout le reste. Ensuite, vérifiez sa condition d’accès, concours ou diplôme d’État, et le calendrier que cela suppose. Enfin seulement, choisissez la formation en criminologie qui vous donnera la culture et la méthode nécessaires pour tenir ce poste ou préparer ce concours.

    Prise dans cet ordre, la criminologie cesse d’être un titre inaccessible pour devenir ce qu’elle est vraiment en France : une compétence qui se greffe sur un métier et qui en change l’exercice.